Le train s’arrêta et déversa sa pluie de tintamarre de grincement de fer
et d’étincelles des roues motrices, dans l’atmosphère brumeuse et lourde de
WitheChappel, un petit village de la banlieue de Londres.
Dans le luxueux wagon-lit de première classe monsieur Davenport regarda sa
bouteille de whisky à la belle couleur brune, aux reflets dorés et à moitié
vide puis sortit pour rencontrer son destin.
Il vit à travers la nappe de brouillard la maigre silhouette du chef de gare.
Un homme à la couleur hâve et au corps émacié comme s‘il n’avait jamais mangé à
sa faim.
- dis moi mon brave qui a t il d’intéressant dans ce village ?.
l’autre ne répondit pas regardant une présence invisible.
Monsieur Davenport lui tendit sa moitié de bouteille.
Le gardien de gare flaira le whisky comme un chien de chasse. Quand le nectar
donna des couleur à ses joue pâlotte il répondit d’une voix lasse.
- il y a bien la taverne chez chergui.
- et puis encore ?.
- Il y bien Un nommé le Falot qui se promène avec un rat intelligent. Un rat
qui sait compter les billets de banque.
- soit répondît Monsieur Davenport, d’accord pour le rat qui sait compter des
billets de banques.
- vous savez continua le chef de gare que la whiskys avait rendu bavard, il n’y
rien à WitheChappel. Vous comprenez tout le monde est parti.
- O.K. mon brave gardez la bouteille je poursuis mon chemin. Je finirai bien
par trouver quelque chose qui vaille. Je passerai bien deux jours dans votre
petit villages.
Le chef de gare plus préoccupé par sa bouteille que par son anonyme
interlocuteur entendit à peine derrière le rideau brumeux de son esprit, ce
dernier lui demander l’heure du prochain trains. Dans deux jour fut la réponse
donné avec une voix qui tremblotait.
Et c’est ainsi que monsieur Davenport décida de rester deux jour dans un
village mais le destin l’y fera demeurer six mois.
Mais ça c’était le problème du destin pas le sien.
***.
Monsieur Davenport déambula dans les ruelles du village puis s’en alla suivre
un chemin qui le mena à la lisière d’un foret.
Il entendit un éclat de rire mourir dans le ciel.
Un cheval galopait monté par une jeune et belle femme dont les cheveux en folie
se mêlaient au vent âpre de l’automne. Sa silhouette frêle et élancée suivait
en rythme les soubresauts du galop du cheval.
Elle longeait la foret en une chevauchée élégante de fureur.
Elle lançait au vent des paroles qui vinrent entamer le cœur de monsieur
Davenport.
- traverse les étoiles mon brave disait la belle inconnue en s’adressant à son
cheval. Traverse les étoiles et engage toi dans les arcs en ciels.
Monsieur Davenport s’en alla louer un cheval et se mit a galoper à coté de la
dame.
- voilà l’étoile bleue traversons là, voilà l’arc en ciel magique entrons dans
ses profondeurs il renferme des cités fabuleuses.
Monsieur Davenport qui ne voyait point de cité ni d’étoile encore moins d’arc
en ciel écoutait la jeune dame.
Il apprit d’elle qu’elle avait visiter des cités perdues aux ruelles
multicolores, aux vasques qui déversaient une eau dans la teinte changeait et
où se reflétaient les coeurs.
Il sut tout des champs de coquelicots a la couleur de vermeille, qui
s’étendaient à perte de vue et d’étoile en étoile.
Tout cela la jeune fille l’avait connu en chevauchant son unique cheval.
***.
L’amour qui semblait provenir des étoiles prit dans ses filets le cœur de
monsieur Davenport.
Il demanda la main de cette fille qui chevauchait de si belle manière et qui
s’adressait aux étoiles et traversait les arcs-en-ciel.
On lui apprit que la dame était atteinte de ce mal qu’on prononce à voix basse
et dont on évoque le nom en chuchotant tellement on le craint.
Folie.
Et c ‘est ainsi que le cœur de monsieur Davenport battit au rythme d’une belle
inconnue atteinte de schizophrénie .
***.
Monsieur Davenport qui croyait en la raison de la science, fit venir les
meilleurs spécialistes pour chasser de l’esprit de sa fiancée le mal qui lui
consumait le cerveau.
Il décida de rester toute sa vie a coté de la femme qui l’avait emportée
d’étoiles en étoiles dans ce petit village de WitheChappel où en vérité il ne
voulut demeurer que deux journée pour échapper à l’ennui.
Les journées passèrent puis les mois. Les séances de thérapie finirent par
venir à bout du mal et la jeune femme recouvra sa raison et devint normale.
Monsieur Davenport l’emmena pour qu’à cheval ils galopèrent de nouveau à
travers les étoiles et les arcs-en-ciel.
Mais la jeune dame ne savait plus galoper ni aimait les chevaux immondes
animaux.
Il lui rappela les cités aux ruelles multicolores et aux vasques qui
déversaient une eau à la teinte qui changeai et où se reflétaient les coeurs.
- Voyons vous divaguez mon ami lui répondit la dame en ricanant.
Car il faut bien le reconnaître sa fiancée qui riait aux étoiles et traversait
t les arc en ciel était devenue normale.
Et c’est ainsi que monsieur Davenport s’en alla à la gare après six mois passée
dans ce petit village.
Il trouva le même chef de gare qui s’adressa à lui.
- c’est vous le monsieur qui m’avait offert un bon whisky fort honorable. Vous
voulez savoir quand part le prochain train. Dans deux heures.
Monsieur Davenport s’assit sur un banc et attendit le cœur gros le
prochain train.
Il entendit une voix qui disait :
« d’étoile en étoile ».
L’âme pleine d’espoir il s’en alla voir, mais ce n’était qu’un simple vendeur
de journaux qui criait « d’étoile en étoile monsieur Davenport traverse
les arcs-en-ciel ».
Le jeune vendeur tendit un journal à monsieur Davenport.
- tenez lisez c’est votre destin.
Il prit le journal et y lit ce titre « Monsieur Davenport traverse les
arc-en-ciel et saute d’étoile en étoile. »
Et dans les entrailles de ces pages, il vit l’image de sa fatalité, « une
femme qui galopait à coté de lui »
Mais il n’y avait dans ses mains aucun journal. Tout n’était qu’issus de son
imagination
- ainsi en six mois j’ai vécu toute ma vie se dit-il.
- ainsi en six mois j’ai vécu toute ma vie se répondit-il
Monsieur Davenport parlait à lui même.
De la fenêtre du train qui déjà l’emmenait vers son destin il crut voir une
femme qui galopait mais ce n’était là encore qu’une vision issue de la
complaisance de son esprit.
Il rêvait encore de tout ce qu’il avait perdu, de la belle inconnue, des
étoiles et des cités mystérieuses aux ruelles multicolores.
Le train s’arrêta et monsieur Davenport quitta ce village où il pensait passer
le restant de sa vie mais où il ne demeura que six mois.
Mais il faut bien le reconnaître c’était là son rôle dans la vie
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