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entre deux verres.

 

A.       prélude.

Solitaire, dans l’obscurité de la nuit que vient déchirer l’éclairage confus de ma bougie, j’attends des fantômes qui ne viendront plus.
Les spectres de la nuit, ma chambre elles submergèrent et de mon âme elles s’emparèrent et de mes souvenirs elles se saisirent, et vers la tristesse elles m‘emportèrent. Et j’ai sus que j’étais le banni de la nuit et le misérable des ténèbres. Et j’ai sus également que toutes ces choses sans vies ainsi que les étoiles de la nuit eussent éparpillés ma souffrance à travers les limites sans fin de la vie s’il n’avaient eu une pudeur pour ma détresse.
Et j’ai sus également que les mort enfouis sous la terre se fussent lamentés, ou eussent sangloté leur vie terrestre gâchée dans les chimères et les vanités.
Qui peut avoir une pensée affectueuse pour un homme qui sombre dans la mélancolie ?.
Peut être toi ma douce mère à qui j’ai causé tant de souffrances. Tu as assisté à la déception de ma déchéance. Tu aurais voulu pour moi les illusions de la noblesse mais je ne t’ai offert que les lamentations du chagrin éternel. Je me rappelle de la douceur de ta voix dans les profondeurs de la nuit, mais comme un fantômes elle s’évanouit dans les brumes de l’ivresse.
Je revois ton regard rassurant et tes gestes infiniment apaisant. Comme tu aimais me dorloter en me chantant de ton cœur empli de tendresse infinie, des airs insensés de folie. Et dans l’ivresse de la nuit, ses souvenirs me délaissent  comme la rosée du matin quitte à l’aube les fleurs des jardins.
C’est moi-même ma douce mère que j’ai voulu quitter, mais c’est mon âme écorchée que j’ai laissé sur le rivage de la souffrance. Un jour je me suis éloigné, je suis parti au loin pour échapper à mes souvenirs. Je croyais, que c’était fini, mais dans la nuit elles ont resurgis du néant pour me rappeler que je n’étais que désespoir.
Je croyais tout tromper, mais je sui resté sur cette illusion comme un fou qui s’accroche à ses rêves et à ses délires imaginaires
Sur mon visage, je vois de traces de rides je me regarde mais c’est le temps qui m’observe.
J’ai voulu changer le monde. Mais comment pourrai-je être certains qu’il a changé ?.
Un jour je me suis enfui au loin, j’ai cru que j’étais enfin seul mais je n’ai fait que me  tromper , car comment pourrais-je quitter ma chair lacérées .
Je m’observe, et je n’arrive pas à y croire, mais je m’enlise dans une gouffre sans fin et sans espoir.
                        ***.

Un jour un navire a chaviré sur la cote, et a déversé des corps sans vie. La mer est cruelle, elle nous envoûte, je croyais y trouver refuge, mais le destin m’a ramené toujours au même rivage.
Je me suis révolté mais je n’ai entendu que mes propres plaintes. J’ai reçu comme un écho ma propre crainte. Ce n’est pas une révolte, c’est une souffrance de ma pauvre âme accablée.
J’ai accepté cette fatalité, rien de nouveau sur terre, tout n’est que fatalité et destin.
Plus rien ne me protège, rien ne me rassure, j’ai cru aux mirages, mais vaines et inutiles sont mes désirs et tel est mon destin.
j’ai accepté cette fatalité et je me suis livré à l’ivresse, car cela soulage les consciences et épargne les souffrances.
Un j’ai un jour voulu tout simplement apaiser ma soif en buvant une eau de source limpide. Je l’ai fait tout simplement parce que j’avais soif. Et pendant un court instant, j’ai cru voir dans le reflet de cette eau si limpide tout le bonheur de mon enfance.
Mais dans l’obscurité de ma chambre je sais que je verrez  que l’image spectrale de mon destin.
je suis un homme ivre en automne, et j’ai bu du vin comme du sang pour apaiser mes souffrances. Je vis dans l’illusion, je suis illusion.
Ce matin, les premières feuilles ont commencer à quitter les arbres l’une après l’autre timides et silencieuse. Je les ai contemplés à travers mon esprit embrumé par la boisson de la douceur.
Un jour je me suis éloigné pour être hors du temps j’ai alors goutté au nectar de l’illusion et je me suis englouti dans l’obscurité des cauchemars.
Les feuilles tombent des arbres, et je suis seul. La solitude est ma compagne.
Je regardais les feuilles tomber, quand je vis mon destin . mais qui peut prêter attention à un ivrogne en automne ?

B.            entre deux verres

Dans Les tavernes crasseuses et derrière les fumées épaisses des mauvaises cigarettes qui tracent des volutes aux milles contours et qui naissent et qui meurent à l’infini, et dans lesquelles des fantômes semblent se prélasser, les ivrognes de toutes les nuits deviennent des frères.
Des fonds des verres de whisky sourdent et s’évaporent leurs espérances. Les lumières basses sont leur soleil et les vacarmes du dehors sont oh mon dieu, pour eux une folle indifférence.
- Écoutez.
- Oui.
- Cela vient du dehors.
- cela vient toujours du dehors.
- une musique triste.
- Mohammed Abdel Wahab qui pleure sur ceux qui dorment sous terre, Mohammed Abdel Wahab, qui chante la détresse de Kaïss et les malheurs de Leïla.
Soudaine comme la tempête qui s’acharne sur un paisible village, cruelles comme un deuil, la tristesse nous a envahie et les souvenirs nous ont submergés comme des flots en délire.
Et dans les fantômes de ton regard mon ami j’ai aperçu ma tristesse.
- Où es tu mon ami qui est mort d’une cirrhose avant l’âge en criant ton désespoir dans l’incohérence de ta léthargie  ?.
- Où êtes-vous mes espérances et mes illusions de jeunesse ?.
- Qu’ai je fais mes amis pour que vous me fermiez votre porte alors que nous nous étions promis une amitié éternelle ?.
- où est tu ma douce mère qui me berçait de ta douce voix. Il longtemps j’avais quelqu’un qui veillait sur moi dans l’étrangeté de la nuit.
- à chaque verre oh mon dieu je meure.
            ****
Solitaire, dans l’obscurité de la nuit que vient déchirer l’éclairage confus de ma bougie, j’attends des fantômes qui ne viendront plus.
Les spectres de la nuit, ma chambre elles submergèrent et de mon âme elles s’emparèrent et de mes souvenirs elles se saisirent, et vers la tristesse elles m‘emportèrent
            ****
- Entre deux verres de Whisky mes amis et parce qu'un air triste, surgît de l’inconnu a lacéré nos âmes, nous resterons encore des frères.

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