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Les mains du peintres

A.                un vieil homme dans le nuit.

Des événements étranges qui se sont déroulés il y a plus de soixante quinze ans, je garde un souvenir intact, pourtant ma vie est entrain de s’enfoncer dans le silence de l’oubli, et à l’orée de ma mort, j’éprouve le besoin d’en parler.
De ses souvenirs, je ne peux parler sans une angoissante sensation de vertige qui m’emporte dans les tourbillons de l’étrange. Mon dieu que de souffrance quand j’évoque ces faits. Mais qui me croira ?. D'ailleurs, quelle importance cela a ?.
Je dois vous préciser que je suis âgé de quatre-vingt quinze ans. Un âge où le poids des ans devient l’ennemi des souvenirs.
Toute la mémoire de ma vie s’évade de mon esprit comme des fantômes qui me dépouillent de l’intérieur. Et quand ils m’auront complément décharné de mon être, je serai alors comme un radeau au fond d’un immense océan sans limites, errant sans but jusqu'à l’infini des temps.
Pourtant, ma mémoire garde quelque part au fond du labyrinthe confus des souvenirs, l’image fidèle des faits étranges qui eurent lieu il y a si longtemps, alors que je n’ai aucunes traces dans mon esprit de la journée d’hier, comme si une force mystérieuse s’évertue à la chasser de mes pensées.
J'essaie de regarde en arrière pour voir le fantôme de mon existence, mais je n’y arrive pas.
Quand j’avais trente ans, j’avais pensé que je n’avais rien fait ma vie, ce qui est bien prétentieux et à tout considérer bien vaniteux.
Quand j’eus cinquante, je me suis rendu compte que j’avais raté ma vie, ce qui était vrai, mais terriblement amer.
Mais à quatre-vingt ans, j’ai perdu le sens des certitudes. Parce que je sais que l’existence ne me donnera pas le temps du recul nécessaire pour porter un jugement sur ma longue route à travers le labyrinthe du temps. Mais en réalité je n’en éprouve plus le besoin. D’ailleurs à quoi bon.
Je n’ai en fait qu’une seule certitude, ma vie, je le crois, fut honnête.
                        ***.
J’habite depuis plusieurs dizaines d’années, en fait depuis toujours, dans un misérable immeuble délabré, sombrant dans la désolation et la ruine dans le glacial silence de l’indifférence.
Même sa couleur criarde d’autre fois, à finir par perdre son éclat, et s’imprégner de la teinte fade de la mélancolie.
En fait c’est un immeuble pour miséreux qui n’ont pas les moyens de s’offrir un appartement convenable.
Sur plusieurs étages, des chambres étroites et insignifiantes sont disposées les unes en face des autres. Leurs portes sont pratiquement les mêmes et sont peintes d'une même couleur, qui défie le bon sens. Seul un numéro où un nom griffonné d’une main maladroite sur un papier de mauvaise qualité et accroché à leur porte les arrache un peu au gouffre de l’anonymat.
Le couloir est long et d'une tristesse que n’arriva pas à égayer une lumière si terne. Il débouche sur un immense débarras complètement vide.
Ma chambre est exiguë et je n’ai pour meuble que mon lit, une chaise usée et une table.
Jadis il y a avait beaucoup de locataires, qui louaient comme moi une pièce, contre un loyer de misères Avec les années qui s’évadent , j’ai les vu disparaître tous les uns à la suite des autres. Certains sont partis chercher fortune ailleurs, d’autres sont morts.
J’ai assisté à beaucoup de décès. C’est un des rares privilèges de l’âge, dans la mesure où, on peut utiliser ce mot avec décence concernant des personnes qui ne font plus partie de notre monde, et qui furent vos amis ou du moins une partie de votre vie.
Quand l’immeuble s’est petit à petit vidé de son dernier habitant, j’en suis devenu l’unique locataire. Tout l’étage m’appartient, et j’y règne en maître. Triste et amère consolation.
Au début mes toiles, ainsi que le reste de mon matériel de peintures me tenaient compagnie dans l’étroitesse des lieux.
La concierge m’a permit de ranger mon matériel de peinture ainsi que mes tableaux dans le débarras et j’ai pu avoir un peu plus d’espace, mais leur tiédeur me manque.
En fait c’est elle qui s’est occupé de leur déménagement, à mon âge j’en serai incapable.
Mes rhumatismes fidèles compagnons de mes longues soirées d’insomnie m’en empêchent.
Quand elle m’a proposer de déplacer mes toiles ver le hangar un pincement à serrer mon cœur.
«  Monsieur R***   permettez moi de ranger vos toiles dans le hangar vous aurez plus de place dans votre chambre ».
Elle ma toujours appelé monsieur R***. Au début cette marque de déférence me surprit.
Mais avec le temps j’ai finit par m’y habituer comme tout le reste.
En fait c’est la seule personne qui m’ai jamais parlé avec respect.
Quand elle a sortit mes peintures de leur enveloppe sommaire, l’odeur de leur poussière m’a enivré et j’ai ressentit un vertige.
Je crois que la concierge a comprit mon émotion, car d’un air rassurant elle m’a dit.
«  Ils ne seront pas très loin de vous et au moins vous pourrez les voir » .
Quand deux jours plus tard je sui rentré dans le hangar, j’ai vu mes toiles disposées avec délicatesse le long des mur comme pour une exposition.
Mon dieu que d’élégance insoupçonnée chez cette femme.
Et pour la première fois j’ai pu voir mes peintures dans leur ensemble.
Mais ce qui m’a le plus surprit, c’est la présence d’une toile blanche ainsi que d’un matériel neuf de peinture.
C’est la concierge qui les a achetés pour moi.
Elle m’a dit avec douceur :
« vous devez vous remettre à peindre monsieur R*** ».
Je lui ai souri dans la pénombre du soir, et je lui ai tendu mes mains tremblantes et anéanties par le rhumatisme :
 « comment puis je le faire alors que la vieillesse a finit par triompher de mon art, et a complètement flétri mes mains. ».
Elle a insister, je ne sais pourquoi. Puis, elle s’est éloignée et ses pas se sont évanouis dan le morne silence du couloir.
                        ***.
Au cours de mes longues soirées d’insomnie il m’arrive parfois de me lever et de visiter les chambre désertes, exsangue de leurs occupants. Elles sont froides et distantes, et la désolation y règne. Comme il est étrange de voir des lieux en principe sans vie s’imprégner de notre propre mélancolie.
J’erre dans le vide triste du couloir attiré par la présence invisible de tous ceux que j’ai connu jadis.
Il y a bien longtemps si ma mémoire ne me trahit pas des musiciens sont venus s’installer à l’immeubles. Ils étaient trois à se partager la même chambre : un pianiste un violoniste et un violoncelliste.
Il est curieux que ma mémoire les fasse revenir des brumes de l’oubli.
Ils avaient l’air éternellement mélancolique. Le soir ils répétaient pour eux-mêmes, des airs de Schumann et de Shubert.
Ils jouaient avec une douceur infinie le concerto pour violoncelle de Schumann, sous l‘éclairage ferriques des bougies et des becs de gaz.. Mon dieu que de talent chez ses hommes si discrets.
Les notes s’envolaient dans la pénombre des couloirs et de leur bonheur s’ébaudissait mon cœur. C’étaient de vrais artistes, qui auraient pu avoir une meilleur carrière mais il avaient renoncé à toutes les vanités du succès, pour connaître les passions de l’art, du vrai art.
Que de flamme de chaleur, de lyrismes dans leur musique.
Ils m'invitaient souvent à leurs soirées. Moi je peinais, eux jouaient . Et de la rencontre de la musique et de la peinture sont nés de tableaux. Je ne sais quelle fut leur influence sur mes toiles.
Elle a dut être importante. Mon dieu tout cela remonte à si longtemps.
Puis, ils sont morts sans avoir connu le succès.
Il m’arrive quelque fois de discuter avec le souvenir fantomatique de mes amis d’infortune.
Quand je pénètre dans leur chambre, je crois entendre leur musique et leurs rires aux éclats. Je me revois entrain de peindre dans un coin. Mon dieu mes chers amis comme votre musique me manque.
Ils n’ont pas eut de chance comme moi. La vie ne nous a offert qu’un mirage d’illusion, et la réalité des désenchantements.
Je m’assois sur une chaise et je m’adresse à eux. J’ai l’impression qu’ils sont bien là présents et vivants. J'ai assisté aux derniers soupirs de certains, qui sont partis en silence dans le désespoir et dans les brumes de l’agonie.
Et puis il y a la mort.
La mort, je la sens roder autour de moi. Je perçois son souffle froid qui m’effleure, mais je ne la crains pas. Car je n’aspire qu’a une chose me reposer dans les effluves de l'éternité.
Mais elle dédaigne m’emporter. Comme si je ne l’intéressais pas pour le moment.
Je suis seul terriblement seul avec le souvenir de ces événements étranges que j’ai vécu, il y a bien des années.
                        ***

Seule la concierge vient de temps à autres me rendre visites. J’ai l’impression qu’elle est là depuis toujours. Elle seule a résisté au temps.
C’est une femme svelte d’une élégance noble et sobre, ce qui est assez rares chez une concierge Sa voix et d’une douceur angélique.
Mais c’est surtout son regard qui est singulier. Il est a la fois apaisant et étrangement lointain.
 «  c’est triste d’être seul ». Qu’elle me répète à chaque fois.
Je n’ai jamais su si elle faisait allusion à moi ou à elle, peut être aux deux. Quand on partage la solitude, on se sent encore plus seul
Puis elle se lance dans un de litanie à propos de son mari qui d’après elle fut le plus parfait des époux, mais dont tout le monde savait que c’était un ivrogne impénitent. Au début jetais offusqué que l’on puisse louait ainsi un être veule, mais avec l’âge j’ai commencé à trouver cette oraison funéraire quotidienne plutôt touchante. Car d’une certaine manière elle aimait son mari tel qu’il fut et je pense qu’elle est sincère dans ses propos. D’ailleurs tout n’est qu’apparence.
Une fois, elle a exprimé le désir de contempler mes tableaux chaques jours. Ce qui me surprit beaucoup de sa part.
J’aurai voulu refuser mais ce serait de l’ingratitude.
Je lui ai permis d’entrer dan le grenier et dans la lumière argentée du petit jour je l’ai vu en extase devants eux. Je crus même avoir entendu dans le silence de son recueillement le soupir d’un pleur.
Elle m’a dit que dans mes tableaux elle voyait sa vie et les années heureuses passées avec son époux.
Cela m’avait mis en colère mais finalement j’ai finit par admette que qu’elle percevait dans mes toiles, une réalité autre que ce que j’ai voulu peindre. Je dois dire qu’elle est la seule personne à qui j’ai, permit de voir mes peintures, devenant ainsi ma seule admiratrice. C’est même touchant de la voir rester des heures devant un tableau évoquant les souvenirs de son mari défunt..
Un soir alors que je discutais avec le fantôme de J*** dans une chambre égarée dans les dédales ténébreux de l’immeubles, elle a déposé sa mais délicatement sur mon épaule et m’a dit de sa voix douce dans la nuit d’un noir angoissant :
«  il faut rentrer monsieur ».
Je ne sais pas ce qui m’a prit mais je lui ai raconté ce que j’ai vécu il y si longtemps.
Elle m’a écoutez sans m’interrompre, et quand j’eus finît mon récit elle m’a dit :
« vous devez l’écrire ».
Et le lendemain elle m’a apporté une plume et du papier.
Mes mains ont effleuré le velouté du papier, puis les mots ont commencer à s’inscrire devant mes yeux fatigués.
                        ***.

J’ai oublié de vous dire que je suis peintre bien que cela soit facile à deviner. Mais un peintre raté. Tout ce que j’ai peint ne fut soumis à aucun regard. En dehors de celui de la concierge.
Je ne peins plus depuis des années, car mes mains tremblent et mes gestes sont devenus confus, et déchirant par les nouures des rhumatismes . Et puis a quoi bon.
Portant hier, pour une raison que je n’arrive pas a expliquer j’ai ressenti l’élan de ma jeunesse et j’ai commencé de nouveau à peindre.
Je me sui mis en face du chevalet que m’avait acheter la concierge et qui attendait patiemment depuis des jours. Mes gestes ont retrouvé leur grâce de jadis. J’ai passer toute la nuit à peindre, et quand j’eus fini mon tableau une voix intérieure et pressante m’incita a le nommer « les mains du peintre », en souvenir de ces faits étranges que j’ai vécu il y si longtemps et qui ont conditionné toute ma vie.
Lorsque l’aube naissant distilla sa lueur magique à travers la fenêtre haute de la remise, j’avais fini mon tableau et le l’ai couvert sans le voir d'un drap blanc comme un linceul.
A un certain moment j’eus l’impression que la concierge savait que j’allais retrouver pour une dernière fois mon élan de jeunesse. Après tout, c’est peut-être possible. Pourquoi m’a-t-elle demander d’écrire mon étrange histoire. Je n’en sais rien.
Puis, de nouveau mes mains ont recommencer à trembler et mes gestes sont redevenus imprécis.
J’ai compris que j’allai mourir bientôt.
La concierge a pénétré dans la hangar avec délicatesse sans faire de bruit elle a dévoilé mon tableau, à prit une vielle chaise et s’est assis de en face de ma toile dans l’attitude de la contemplation est s’est mise a pleurer. C’était très touchant.
Et cela me fit rappeler les faits étranges qui se sont déroulés il y a si longtemps
Et c’est dans la pénombre de la nuit, éclairé par une bougie blafarde que j’ai commencer à écrire.
Ce sont les souvenirs qui ont guidé mes mains hésitantes et tremblantes à travers les méandres de ces événements si étranges auxquels je fus confronté il y si longtemps.
Avant de commencer à écrire j’ai contemplé pour la dernière fois depuis ma fenêtre la rue d’en face. C’est drôle de voir comme elle a changer. Les arbres ont été arrachés. Je les aimais tant. Les jours heureux de printemps elles dégageaient une odeur si belle qui pénétrait dans ma chambre et ses fragrances, emplissent les lieux, de leur merveilleuse espérance. Et malgré leur absence je perçois parfois encore leur odeur qui vient embaumer ma chambre et tout mon être. Mais je sais que ce n’est qu’illusion. Comme beaucoup de choses d’ailleurs.
J’ai commencé ce soir à relater ses événements dont je vous ai parlé, bien que j’ai peur de ne pouvoir les finir. Car je ne sais quel délai, la mort va m’accorder avant quelle ne vienne me prendre dans son soupir.
En fait je ne sais pas quelles furent les raisons véritables qui ont pousser un vieillard à écrire alors que sa vue baisse et qu’il sait que personne ne s’intéressera à son historie.
Si ma mémoire ne me trahit pas, c’est la concierge qui m’a demander d’écrire mon étrange histoire. J’ai du la prendre comme confidente dans un accès de tristesse.
Maintenant que ma mémoire dédaigne m’accorder ses secrets, je crois me rappeler, c’est elle qui m’a demander de recommencer a peindre.
«  Un dernier tableau » m’avait elle dit, d’une voie douce mais où j’ai senti une impression de chagrin.
Et c’est suite à cette suggestion que j’ai peins ce tableau en une nuit avec l’habilité retrouvée de ma jeunesse.
Voici mon histoire, il est fort possible que je ne puisse terminer ma narration, et je demande l’indulgence du lecteur.

                        ***
L’histoire que je m’apprête a vous raconter est si étrange que j’ai du mal à y croire moi-même après toutes ses longues année..
Pourtant, je dois avertir le lecteur, qu’il ne faut pas juger mon récit sur un plan rationnel ou logique, bien que je comprenne que cela soit difficile.
L’éprit humains se refuse à admettre les fait étranges, ceux qui sortent de l’ordinaire, car pour la plupart part d’entre nous, seul ce qu’on voit est réel.
Pourtant, l’observation de tous les jours nous apprend que nous sommes quotidiennement confrontés à des événements qui sont pour le moins singulier. Ne nous arrive-t-il pas de nous retrouver dans un endroit inconnu et d’avoir cette sensation d’y être déjà venu ?.
La sensation est si forte qu'un vertige nous prend. Cette impression du déjà vu est si présente que la moindre partie de cet endroit nous semble si familier.
Et si ses apparences étaient réelles ?.
Si l’endroit qu’on pense n’avoir jamais visité , et qu’on connaît pourtant parfaitement bien, au lieu d’être le fait de notre imagination, n’est en vérité que la manifestation d’une autre réalité.
Une réalité issue d’un monde parallèle qui, ne manifeste que pour certain d’entre nous.
Le mystère fait partie de notre vie, mais comme je l’ai déjà évoqué notre esprit n’est pas prêt à l’appréhender.
J’ai tenu a faire ce préambule, car les événements que j’ai vécu sont pleins de mystères, et d’élément insolites.
L’autre aspect dont je voudrais parler, concerne l’art.
je ne parlerai que de peinture, car c’est l’unique raison de ma vie.
C’est de l’art touché par la grâce du divin que je voudrai vous entretenir.
L’art transcendant qui dépasse tout ce que nous connaissons ou croyons connaître et qui, provoque les émotions les plus vives
L’art parfait comme le mystère sont tellement difficiles d’accès pour le cerveau humains et rares sont ceux qui atteignent dans leur peinture cette noblesse du trait, ce raffinement céleste, qui fait de nous autre chose que de simple mortel.
Dans les événements que j’ai vécu il y a tellement d’année, la rencontre du mystère et de l’art fut l’apothéose de la beauté miraculeuses .
Mais voici sans tarder les faits tels que je les ai vécu il y a plus de soixante-quinze ans.
                        ***.

B.                Le récit de monsieur R*** .

C’était une belle journée de printemps de l’année mille neuf cent quatre-vingt dix-neuf. Un siècle finissant et un millénaire débutant. Je venais de finir mes études d’art, et comme tous mes compagnons, nous avons peint les plus belles peintures qui devraient faire notre fortune et consacrer notre gloire. Mais en imagination.
La peinture n’offrait plus de perpective et c’était la misère. Mais nous rêvions qu’un jour, nous peindrons l’œuvre, celle qui sera unique et qui forcera l’admiration et provoquera les émotions.
Nous avion pris l’habitudes mes camardes et moi de nous retrouver le soir, dans la terrasse d’un café pour discuter de nos illusions. Nous fréquentions le même endroit comme des fantômes fidèles à leur manoir. Le café était situé dans l’avenue Principale à Casablanca.
C’est une belle avenue, je dois l’avouer à la gracieuses perpective.
Elle doit mesurer au bas mot deux kilomètres. Le matin elle est hantée par les fonctionnaires qui prennent leur café à la hâte et un zèle qui leur fait défaut dans leurs fonctions.
Ils le payent avec l’argent des autres, avec une indécence qui défie tout sens de morale.
Puis vint le tour des sans buts, ceux qui errent, habillés de leur éternel costume, fané par le soleil de mille étés. Mais qu’a cela ne tienne, ils persévéreront jusqu’à l’usure et la déconfiture complète du tissus.
L’après-midi c’est le tour des femmes. Un véritable carnaval de couleur des djellabas cache-misère. Elles passent l’allure nonchalante jetant un coup d’oeil discret vers les cafés, à la recherche de ce regard qui signifie qu’elles plaisent.
Tout est simulacre dans la perpective principale.
Portant vers les onze heures du soir le perpectives devient déserte comme par magie.
La perpective Principale est un microcosme avec ses boutiques de commerçants disposés studieusement selon une architecture sans faille. Des pâtés de construction, que viennent déchirer des ruelles, perpendiculaires. Quand vous arrivez au bout de la perpective coté nord, vous débouchez sur le vieux souk et évidemment la vie est arrangée autrement.
Ce soir-là je sui resté un peu tard, pour une raison que je n’arrivais pas a m’expliquer . Il était minuit tapante qu’on j’entendit une sorte de plainte furtive qui semblait émaner des profondeurs de l’avenue. C’était un soupir curieux qui ressemblait un appel étouffé par le désespoir.
Je me suis dirigez vers lui. Plus, je me rapprochais, plus l’appel devenait puissant.
 Finalement, j’ai repéré l’endroit d’où il provenait. Une ruelle que je n’avais jamais remarqué auparavant.
C’est incroyable une ruelle qui s’insinuait étrangement dans un endroit où elle ne devait pas exister. Que de fois je sui passé devant cet endroit et cette rue n’existait pas.
Elle paraissait sombre éclairées par de vieux réverbères, comme ceux d’autrefois, qui luttaient vaillament contre le flot des pénombres.
Une plaque complètement usée indiquait son nom écrit à ma main.
« La rue du peintre ».
Un drôle de nom.
Les éboueurs qui lavaient chaques soir la perpective principale avançaient avec leur camion-citerne qui généreusement aspergeait la perpective avec d’eau. En conséquence, toute la fièvre de la journée sera effacée pour que le lendemain la perspective soit prête pour un nouveau cycle de simulacre. Elle sera de nouveau vêtue des apparences pour apparaître telle qu’on l’a quitter hier. Rien ne change dans la perpective principale
Lorsqu’ils furent à ma proximité et que j’ai senti la froidure de l’eau giclante sur mon corps. La rencontre de l’eau naissante du camion-citerne et de la lumière provoquait une étrange féerie de myriades de couleurs.
Je leur ai demander qu’elle était cette étrange rue.
Ils me regardèrent d’une manière perplexe.
« quelle rue il n’y a aucune ru ici ». Me rebondirent les éboueurs l’air ahuris.
J’insistais en leur indiquant d’un geste la ruelle.
« Vous voyez, je veux parer de cette rue qui porte ce nom ‘la rue du peintre’».
«  Écouter jeune homme cela fait trente ans que je fais ce métier, croyez-moi il n’y point de rue ici, encore moins une rue qui porte ce nom  rentrez chez vous cuver votre vin ».
Sur ces paroles où j’ai senti la moquerie je compris que cette rue n’existait dans une réalité que moi seul pouvait discerner.

                        ***.
Je me sui engagé dans l’étrange ruelles. Elle s’étendait devant moi longue est sombre et dans la pénombre j’ai cru entrevoir la présence discrète d’un allumeur de réverbère. Je compris que c’était une rue appartenait à une autre époque. Je l’ai parcouru avec la discrétion des nuages, allant d’un ciel à un autre.
Je sentais la présence imperceptible d’habitants tapis derrière les fenêtres faiblement éclairés des maisons qui semblaient appartenir à des âges anciens.
« Cette rue à une âme » je me suis dit.
J’ai continué à progresser dans l’étroitesse des rues, attiré par cet appel inconnu.
Finalement, j’ai aperçu une leur timide qui émanait d’une boutique.
En face d’elle sur le mur était érigée une horloge qui indiquait minuit, et en même temps l’année et le mois. Mon dieu à en croire cette horloge j’avais fait un saut de trois cents ans en arrière dans le temps. Car elle indiquait «  jeudi * Avril 1**** ».
A l’intérieur de la boutique se tenait un homme qui avait l’air résigné. C’étaient ses plaintes furtives qui m’avaient attiré dans cette ruelle invisible.
J’ai pénétré dans la boutique.
C’était une pièce sobre, au décor dépouillé. Elle ne contenait qu’une chaise et un tableau.
 Je me suis approché du tableau. Et je n’ai, put retentir mes larmes, car submergé par l’émotion qu’il dégageait.
Je n’ai jamais vu une si belle oeuvre. L’art dans toute sa magnificence.
Jamais je n’aurai imaginé qu’une main humaine puisse peindre pareille œuvre.
Tout était perfection, non pas la perfection qui tue talent, mais celle qui l’élève au-dessus de tout ce que l’homme peut ressentir.
Ce tableau faisait ressentir la fibre humaine et qui vous rend si vulnérable et humble.
Celui qui a peint ce tableau est un génie. Que dis-je un artiste doué d’un don qui ne pouvait venir que des anges du ciel.
Le tableau était d'une beauté pleine de grandeur, de noblesse et de candeur. Il représentait un homme solitaire dans un décor dépouillé et qui tendait ses mains comme une supplique. Son visage exprimait une souffrance infinie, qui avait l’air de prendre naissance et de mourir a l’infini.
Mon dieu les larmes ont continué à couler sur mes joues.
Il portait ce curieux nom «  les mains du peintre  ».
J’ai demandé à l’homme d’une voix éteinte par les étreinte de l’émotion:
- qui est l’auteur de ce miracle.
Il me répondit d’un air détaché et mélancolique que c’était lui.
C’était un homme sans âge.
Mais ce qui me surprit le plus ce furent ses deux mains. Elle était complètement déformée et rongée par une étrange maladie.
Des mains sans vie.

                        ***.
« Monsieur » me dit il « venez avec moi je vous raconterait mon histoire ».
Je l’ai suivi à travers les dédales de cette ruelle mystérieuses. Il marchait d’un pas accablé par la résignation de la fatalité.
Nous tournâmes pour aborder une autre partie de la rue où il y avait des gens.
J’ai aperçu un homme dans l’encoignure sombre d’une porte qui demandait de l’aide pour sa fillette. Un marin à débouché du bout d’une rue sombre, et après un moment d’hésitation lui a remis ce que je crois être une bourse. L’homme a prit sa fillette dans ses bras et s’est mis à pleurer.
Je crois qu’il doit se passer des choses étranges dans cette rue aux interminables sinuosités .
Nous continuâmes notre chemin et nous pénétrâmes enfin dans une taverne qui, portait ce nom « chez chergui ».
Nous nous assîmes a une table. Il y avait beaucoup de monde la plupart part d’entre eux étaient des marins .
Bien Curieux endroit à vrai dire, qui semblait porter en lui les vestiges de tous les passés.
Derrière son comptoir, la personne qu’on appelait « Chergui », était un homme impassible sans âge. Il servait les gens avec une courtoisie qui suscita ma curiosité. Il avait l’air de connaître tout le monde et appelait chaque personne par son nom en employant toujours une formule de politesse et en utilisant à chaque fois monsieur.
«  Chez chergui » je n’oublierais jamais cet endroit.
J’eus l’impression de voir au fond de la taverne un homme qui attendait, seul dans son coin solitaire, il semblait être la solitude. L'homme se leva en titubant, la tête basse et traversa la salle. Tous les autres détournaient leur regard du malheureux, et un silence solennel, s’installa.
L’homme aux mains étranges me demanda avec courtoisie d’en faire autant.
Je n’ai pas pu m’en empêcher de regarder.
«  chergui » ouvrit une porte.
Oh seigneur j’ai cru voir l’invraisemblable. Une leur intense émanait du fond de la porte. Sa clarté déchira l’obscurité de la taverne avec la facilité insolente d’un couteau.
L’espace d’un instant infime j’ai cru entrevoir des âmes égarées.
L’homme, emprunta la porte pour s’évanouir dans les méandres du néant.
Puis de nouveau le bruit commença à envahir les lieux avec discrétion .
Mon hôte commença à me raconter son étrange histoire.
«  Il y a bien longtemps jetais peintre jeune et fougueux avide de gloire. Mais le succès ne venait pas. Pourtant, un soir tout allait basculer et ma vie allait connaître un tournant surprenant.
Une foire foraine venait de s’établir dans la place publique. J’en arpentais les artères en flânant, enivré par la féerie des lumières et des belles couleurs des manèges.
Un homme m’interpella. Il tenait un stand de voyance.
«  Venez ne soyez pas timide la chance vous sourira, en plus c’est gratuit ».
Je n’ai pas pu résister a ce dernier argument et puis après tout cela ne me coûtait rien d’essayer.
Je sui rentré dans le stands qui, en fait était une misérable tente.
Il m’a demandé de m’asseoir en face de lui. C’était un homme au regard éteint et à la voix caverneuses.
«  Ah je vois vous êtes peintre et vous attendez le succès, mais il ne vient pas ».
Ces paroles atteignirent mon coeur et le serrèrent très fort. Comment a-t-il put deviner ?.
«  mais il y a un moyen d’arranger ça. Signer mois ce papier et vous connaîtrez un succès sans pareil ».
Il me tendit un vieux parchemin et m’invita d’un air plein de malice à signer.
« C’est un fou » je me sui dis.
J’eus l’impression qu’il lisait dans mes pensées, car quand il me regarda dans son regard naquit une expression maléfique.
Il m’a tendit une plume fraîchement trempée dans de l’encre noire et m’indiqua l’endroit où signé.
J’ai signé le papier sans en lire le contenu.
Il le mit dans une enveloppe qu’il cacheta avec de la cire et me la remit.
« Elle est vous appartient, a vous la gloire, mais sachez que désormais vous m’appartenez et qu’il n’est pas possible de rompre le pacte ».
« quel pacte » le lui ai demandé.
« celui qui, est écrit dans l’enveloppe ».
Me répondit il les yeux qui brillaient comme l’éclair.
Je suis reparti l’esprit quelque peu troublé. Le lendemain la fête foraine était partie.
Puis, le succès vint sans que je ne sache pourquoi.
Les commandes affluaient, et je devins une célébrité.
Tout le monde voulait que je lui peigne son portrait.
Sur les visages où je percevais les errances de la solitude, je peignais l’illusion d’un bonheur factice.
Tel militaire orgueilleux et vaniteux, eut droit à un portrait flatteur en habits d’apparat, lui créant un passé prestigieux et étrangement faux comme un rire forcé.
Telle femme grosse voulait que je la peigne mince.
Qu’a cela ne tienne, j’arrangeais tout cela en quelques mouvements de pinceau.
 Plus le temps passait plus je fus sollicité pour accomplir les prodiges.
Les commandes affluèrent de partout. Je devins riche, très riche même.
Je fus sollicité par tous les grands pour peindre leur portrait dans l’indécence du simulacre.
On m’invita comme convive d’honneurs dans les plus prestigieuses réceptions.
Mais mes toiles furent petit à petit envahies par la complaisance et la désinvolture.
 Mais je ne pouvais faire marche arrière, car j’avais goutté aux délices de la vie mondaine et vaine. J’aimais que l’on parla de moi en termes d’éloge. Je fus subjugué par le succès au point que je crus réellement que ce que je peignais était de l’art. Comme il est facile de se tromper soi-même.
Mais en fin de compte je me rendis compte que j’avais trahi l’art. L'art vrai. Celui qui sait saisir la tristesse furtive d’un regard. La mélancolie d’une vie. La résurrection d’une belle aurore.
J’ai compris que je n’avais peint que des médiocrités, et que ma vie fut comme mes tableaux une éblouissante comédie.
Et dans la fureur de mon erreur, j’ai renié toutes ces oeuvres.
Mais je me suis souvenu de l’étrange lettre et du pacte.
J’ai décacheter l’enveloppe, et j’ai pu en lire le contenu.
Oh seigneur, c’est terrible comment ai je pus signer cette lettre.
Je l’ai jeté au feu où elle a brûlé en crépitant sous mes yeux hagards.
Mais le lendemain elle était là intacte.
J’ai décidé de rompre le pacte. Le prix à payer fut très cher. Mes mains.
« L’homme me montra ses mains qui comme je l’avais remarqué en pénétrant dans sa boutique étaient rongée par un étrange mal ».
Cependant, poursuivit mon interlocuteur, il me fut permit de peindre une seule œuvre une ultime oeuvre.
J’ai peint ce tableau en une soirée avec la fougue et la passion qui rongeaient mon coeur depuis des années.
Ce fut mon unique tableau. Le seul où j’ai pu mettre tout mon art, toute mon âme et également toute ma déchéance. Je l’ai appelé « les mains du peintre ».
C’est le tableau que vous avez vu.
Un beau tableau n’est ce pas ?. » me demanda l’homme avec une voix qui s’éteignit dans les brumes de la mélancolie.
«  Un miracle » je lui ai répondu.
« Voilà toute mon histoire » dit-il, en guise de conclusion .
« Je suis condamné à rester dans cette rue, jusqu'à ce que quelqu’un d’autre accepte de signer le pacte. Ce n’est qu’a cette condition que je pourrais connaître le repos éternel ».
Il me tendit une enveloppe qui était cachetée.
«  Si vous voulez connaître la gloire il suffit de l’ouvrir et de la signer ».
J’ai prit l’étrange enveloppe et j’ai quitté cette ruelle étrange.

                        ***.
Le lendemain de cette étrange aventure je me suis rendu à la nuit tombante dans l’avenue principale, il n’y avait aucune trace de cette rue mystérieuse. S’il n’y avait la lettre, j’aurai cru avoir rêvé.
La suite est fort simple. Je n’ai jamais connu la gloire.
On m’avait indiqué que dans le vieux Casablanca, en amont des bidonvilles, existait un immeuble pour artistes ratés et sans le sou.
Je m’y suis rendu l’âme lourde et l’espoir noir. Dés l’entrée, une avalanche d’air chargée des senteurs de milles passés me transporta..
Une femme s’approcha vers moi avec la discrétion d’une ombre c’était la concierge.
Elle me montra la chambre que j’allais occuper pendant prés de soixante-quinze ans.
Maintenant que mes souvenirs reviennent, la concierge n’a pas changé malgré les années.
Elle est demeurée la même svelte et courtoise. Elle m’a accueillie avec le sourire impénétrable de la tombe.
                        ***.

Voici mon histoire telle que je l’ai vécu il y a soixante-quinze ans.
Je en sais pas ce qu’il est advenu de l’homme aux étranges mains. Par ailleurs je n’ai jamais retrouvé trace de cette rue. Il m’arrive parfois de penser à tout cela est de croire que ce n’était qu’un rêve. Mais je possède encore cette étrange enveloppe.
 « Les mains du peintre je n’oublierai jamais.... ».
                        ***.
Ici s’arrête le récit de monsieur R***  je vais le continuer pour lui. Comment j’ai pu avoir connaissance de cette histoire et de sa conclusion. Cela n’a aucune importance.
Comme tout le reste ce ne sont là que des qu’apparence. Le fait que je vous livre la fin de cette histoire avec la voix de monsieur R*** a de quoi surprendre. Comment aurais-je pu être avec lui et pénétrer ses pensées . Mais il s’agit là d’un secret que je ne puis vous livrer.
Je lui cède la parole et voici donc la suite racontée par monsieur R*** lui même.

                        ***.
Il fait sombre la nuit a envahi ma chambre et je suis seul avec mes souvenirs. Mais je ressent un sorte de soulagement qui va me libérer des angoisses du passé.
Je vais mourir ce soir je le sais.
Mais c’est un repos que j’ai vainement espéré. Enfin l’éternité.
J’entend s un pas furtif comme une ombre qui s’approche de moi.
C’était la concierge. Elle a posé la main sur mes épaule et m’a dit avec son éternelle affabilité :
«  il faut partir monsieur ».
Et a ce moment précis j’ai compris que la concierge était la mort.
La mort.
Nous sommes sorti dans les brumes de la nuit.
«  nous allons faire un petit détour avant la fin monsieur R*** ».
Elle m’a conduit a travers la rue principale là où jadis je rêvais de gloire et de richesse. Mais maintenant que je suis mort tout cela n’est que vanité.
Nous nous sommes arrêté au milieu de la perpective principale à l’endroit où autrefois j’avais trouvé par hasard cette mystérieuse rue.
Les étoiles brillaient dans le ciel comme des diamant lorsque devant nous la ruelle est apparue de nouveau.
« La rue du peintre me revoilà ».
Nous avons marché cote à cote a travers les ruelles sinueuses, issues d’un passé incertain.
La concierge me tendit la main quand nous sommes arrivé devant la devanture de la boutique du peintre. Je n’ai pu refréner un frisson. Le peintre solitaire était encore là, face à son tableau
«  les mains du peintre ». L’horloge indiquait la même date qu’il y a soixante-quinze ans quand j’ai pénétré pour la premier fois dans cette ruelle fantomatique.
 «  jeudi * Avril 1**** ».
Aujourd’hui comme demain et hier pareil aux autres jours.
«  quel sera son sort »’
j’ai demandé a la concierge.
«  il restera là tant que personne n’a signé le manuscrit ».
Elle rajouta a mon intention.
«  vous monsieur R**** vous ne l’avez jamais signé. Vous aurez pourtant connu la gloire et la fortune. Et qui sait grâce a votre richesse vous aurez pu trouver quelqu’un avide qui l’aurez signer et échapper au pacte. Vous avez préféré l’art vrai »
Un silence apaisant s’installa avant que je ne lui répondit :
«  je crois que cela n’aurait pas été honnête le faire. Et puis l’art vrai suppose que l’on s’éteigne chaque jour un peu pour l’atteindre. ».
Elle m’écouta avec dévotion dans la tristesse de la nuit puis me répondit :
«  c’est  vrai cela n’aurait pas été honnête ».
«  mes toiles que vont il devenir ?.
Lui ai je demandé d’une voix où tout ombre d’angoisse s’était effacée.
 «  ne vous inquiétez pas je m’en occuperais ». Me répondit elle d’une voix un peu triste.
«  toutes ces histoires à propos de votre mari ce n’était pas vrai n’est ce pas »
«  quand savez vous monsieur R*** ? où est la réalité et où commencent les apparences ? ».
Elle ajouta dans un profond soupir :
«  il est difficile d’aimer la mort et il est difficile pour la mort d’emporter ceux qu’elle aime »
Nous sommes arrivé devant cet étrange café « chez chergui ».
Tous les autres nous évitaient du regard quand nous sommes entrés.
Chergui a ouvert la porte. La mort m’a sourit est m’a dit :
«  une surprise vous attend monsieur R*** ».
Quand j’ai traversé la porte une lumière emboutissante de beauté, m’a un peu désorienté est derrière elle j’ai entendu l’air du concerto pour violoncelle de Schumann et j’ai su que mes amis m’attendaient.

                        ***.

C.                Épilogue : de nos jours.

Une nuit douce enveloppait la ville, et les senteurs des orangers embaumaient les ruelles de Casablanca. Dans sa chambre Le professeur Z*** un éminent enseignement de peinture déposa sur sa table de chevet l’étrange manuscrit qu’il venait de lire. Il resta quelque instant méditatif contemplant d’un regard lointain le rai de lumière qui pénétrait dans sa chambre et qui se reflétait sur les mobiliers.
Il sorti de sa torpeur pour reprendre de nouveau le manuscrit qui lui fut remis par une étrange personne. Une dame à l’allure élégante, mais qui le fascina par le vide de son regard. Un regard sans profondeur où aucune vie ne semblait exister.
Elle l’avait aborder avec une manière si raffiné, cet après midi juste au moment où il allait rentrer chez lui.
«  Monsieur j’ai quelque choses à vous montrer. Ce sont des peintures, je crois qu’elle vous séduiront ».
Combien de fois il avait entendu cette phrase. Des peintres qui croyaient avoir peint la merveille du siècle.
En d’autre circonstance il aurait démarré sa voiture après une réponse polie, mais négative et ferme.
Mais cette femme dégageait quelque chose d’indéfinissable qui le troubla.
Et au lieu de la renvoyer poliment le voilà à coté d’elle conduisant sa voiture comme s’il obéissait à un ordre impérieux.
« Où allons nous madame... ?. ». Demanda le professeur d’un ton interrogateur essayant ainsi de connaître l’identité de sa passagère.
Elle ne répondit pas sur le moment. Finalement elle lui indiqua l’endroit, mais ne lui dévoila pas son identité.
En homme courtois monsieur Z**** n’insista pas.
Il connaissait bien l’endroit où il allait se rendre. C’était tellement lointain que cet lieu s’était effacé de sa mémoire.
 «  je connais cet immeuble. Il y a des dizaines d’années j’y ai habité au temps de ma jeunesse ». répondît le professeur nostalgique, avec un pointe d’amertume dans la bouche.
L’espace d’un instant il revit son passé d’étudiant sans le sou.
Il ressuscita dans son esprit, l’espace furtive d’un souvenir, l’immeuble avec ses locataire rêvassant de gloire et se nourrissant de chimères.
Un frisons le parcouru il crut voit en sa passagère, la concierge qui le reçut jadis.
Mais il se dit en lui même que c’était impossible, car elle ne pouvait pas être restée aussi jeune.
« Qu’est devenu la dame qui s’occupait de l’immeuble. Une charmante personne »
Aucune réponse ne vint en réponse à sa question.
La dame s’était réfugiée dans un mutisme.
Il comprit qu’il ne fallait pas lui poser de question concernant le passé et cela provoqua une sorte de malaise. Il s’abstint de toute question jusqu'à la fin du voyage, admirant les vestige du passé qui défilaient devant ses yeux au gré des souvenirs .
Lorsqu’il arrivèrent en face de l’immeuble qui était un peu délabré, il ne put retenir le tourbillon des souvenirs qui l’arracha à la réalité pour l’emporter dans le lointain passé. Le passé toujours lui, il nous rejoint au fur a mesure que l’on s’éloigne de lui et nous surprend au moment où notre cœur n’est pas prêt à l’accueillir.
Quand ils pénétrèrent à l’intérieur de l’immeuble il crut que le sol allait s’effondrer sous ses pieds. Que de souvenir, que d’émotion dans cet endroit.
«  cela a beaucoup changé. Je me rappelle il y avait un beau jardin avec de beaux arbre. De ma chambre je les contemplait les nuits durant mes années de misères». Laissa échapper monsieur Z***. Puis il rajouta.
«  c’était là je crois mes meilleurs années ». Ces derniers mots furent prononcées comme le profond soupir du vent dans les arbres par une nuit mélancolique d’automne.
« venez c’est par là »

Ils montèrent les escaliers et pénétrèrent dans le débarras.
« Voici les tableaux monsieur ».
L’enseignant s’approcha des toiles. Un vague d’émotion l’envahit. Mon dieu que c’était beau. Il était enfin devant l’art dans toute sa beauté et toute son apothéose.
Il ne se lassait pas de les regarder retenant difficilement ses larmes.
Il s’arrêta devant un tableau enveloppé dans un drap blanc.
«  vous permettez ».
Il fit glisser avec émotion le tissu et qui dévala le long du chevalet comme une source descendrait la pente accueillante d’une colline. Un tableau qui portait ce nom « la main du peintre » apparu.
Le professeur en était ensorcelé. Il entra dans une espèce de transe accompagnée par un flot de larmes qui ruisselaient sur son vissage.
« la grâce, la grâce » répétait il entre chaque hoquet.
Quand il eut repris ses esprit la dame lui remit un manuscrit.
«  c’est le journal intime de ce peintre il est mort il y a plusieurs années ».
Et c’est ainsi que sous la douceur de la nuit un homme lut le manuscrit du peintre R*** .
Un artiste plein de talent, mais qui sacrifia tout pour l’art, l’art vrai.
Il ne connut ni célébrité ni fortune.
Mais il avait désormais la reconnaissance de la postérité.

            ***.
Monsieur Z*** lutta quelques instants contre le sommeil essayant de se représenter ce peintre solitaire peignant des chef d’oeuvre et renonçant à la gloire. Demain il emmènera ses étudiants pour qu’ils puissent voir l’art dans toute sa flamme.
Il finit par s’endormir et dans la nuit douce le fantôme de monsieur R*** accompagna  son sommeil.

            ***.
Le lendemain monsieur Z*** accompagné de ses élèves pénétrèrent dans le débarras.
Tandis que le professeur leur expliquait avec les mots du chagrin toute la splendeur de cet artiste, un élève remarqua un bout de papier blanc derrière une toile. Il le prit avec discrétion. C’était une enveloppe cachetée.
Il l’a prit avec avidité et s’éloigna du groupe. Dans une chambre délaissé mis qui était en fait celle de monsieur R*** il l’ouvrit lu son contenu. Ses yeux dégageaient une expression maléfique quand il la signa. Il entendit comme une sorte de soupir de soulagement. il n’en comprit pas le sens. La rue du peintre venait de délivrer son éternel captif, et attendait patiemment le prochain.
            ***.
Monsieur Z*** s ‘approcha de la toile caché par le voile. Avec le recueillement de l’âme humble, il tira délicatement sue le tissus pour montrer à ses élevés l’étrange chef d’oeuvre qui l’avait tant ému la veille.
Dans le débarras les visiteurs ne purent croire leur yeux deux tableaux venaient d’apparaître comme par enchantement il portaient tous les deux ce nom étrange « les mains du peintre ».
Ils étaient aussi beau l’un que l’autre.
Le premier était celui que le professeur Z*** avait vu hier et qui était peint par monsieur R****
Le second dégageait la même émotion que le premier mais il représentait un homme solitaire dans un décor dépouillé et qui tendait ses mains comme une supplique. Son visage exprimait une souffrance infinie, qui avait l’air de prendre naissance et de mourir a l’infini.
De nouveau les larmes fusèrent et monsieur Z*** tout en contemplant les deux tableaux
entre deux hoquets prononçait ses mots :
« la grâce, la grâce ... »
et c’est ainsi que dans une grange délaissé par le temps, l’art le vrai celui qui élève l’âme au dessus de tout venait de s’épanouir à la chaleur des regards

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