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Une silhouette dans l’embrasure d’une porte.

- oh là capitaine.
- oui brave matelot,.
- Nous ferons bien un bout de chemin ensembles le long de la ruelle.
- je vais « chez Chergui », le whisky est fort honorable.
- fort honorables et entre braves gens.
- regardez.
- quoi.
- c’est le vent il balaie le destin et draine les relents de milles désespoirs. Rentrons, c’est une nuit bien méchante pour les pauvres marins.
            ***
- Écoutez c’est derrière la fenêtre.
- vous avez raison c’est la tristesse.
- c’est les hurlements et les plaintes de nos corps de damnés.
- vous prendrez bien un autre verre de ce whisky fort honorable, ?.
- il fait sombre sur la ville. Oh c’est une mauvaise nuit. Rien de bon je vous dis.
- vous avez remarqué la petite fille dans le coin la bas au fond. Elle a une mine bien vilaine.
- cent livres pour une âme. La porte du dernier chemin ne s’ouvrira pas pour elle, car un marin par une nuit de vilaine tempête et dans un élan désespéré de générosité, mais qui provenait du fond de son coeur éreinté par mille houles et autant de vagues, a fermé la porte du dernier chemin pour elle.
            ***
- Il fait noir mon brave et voilà que la pluie se met à gifler nos fenêtres. Elle les prend d’assaut sans répit. Encore un verre ?.
- oh ce n’est pas de refus on est bien chez Chergui.
            ***
Dans l'embrasure d’une porte, bercée par les tempêtes et couvertes par les averses, une silhouette de femme se tenait. Je les reconnais ces femmes, le temps les a humiliées et les coins des rues putrides sont leurs royaume. Leur fierté et flétrie par les passions crasseuses de milles marins. Oh silhouette inconnue dans la noirceur de la nuit, donne moi ta main, ne sommes nous pas les bâtards de la déchéance.
Oh mon dieu quand se met à se complaire dans la misère c’est aussi terrible que d’aimer la mort. La fatalité tourne autour de vous et les espoirs se perdent au fond d’un verre de whisky dans les tavernes misérables pour marins meurtris.
Belle silhouette entre réchauffer ton corps.
Je les reconnais ces femmes, qui ont perdu leur grâce dans les couches des amours sans gloires.
Donne-moi ta main le temps d’un sanglot de whisky.
La petite fille a quitté son coin et l’âtre du feu a dessiné sa frêle silhouette sur les murs poisseux.
Elle s’est mise a chanter pour une ombre d’une femme inconnue.
De sa voix fine, un chant s’est élancé dans la salle comme larme de bonheur.
Oh misère donne nous la force de supporter notre destin.
«  Belle silhouette dans un coin sombre
tu es comme nous une errante dans les écumes des tempêtes.
Nous t'aimons, car tu es comme nous tu as perdu ta fierté dans les mirage des désillusions
Offre nous ton cœur, nous t’offrirons le notre. 
De la tendresse de mille fleurs naissent les espérances
 ».
Le vent s’est mis à hurler et ses plaintes se sont perdues dans les abîmes moites du brouillard.
Mais dans l’embrasure d’une porte et dans les profondeurs terribles de la nuit, et parce que une petite fille à chanter un air qui nous a meurtri, une silhouette inconnue m’a tendu la main.
Et je crois que nous nous mîmes à pleurer.

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